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19/11/2009 Film en 3D : "Pigeon Impossible"ABSOLUMENT GENIAL! Drôle et vraiment bien foutu...
En plus j'ai horreur des pigeons... 16/11/2009 Le morceau du jour... musique15/11/2009 La solitude du mett... euh... de l'entraîneur...La solitude de l'entraïneur à propos de ces joueurs qui parlent plus qu'ils ne jouent...
Il ferait un bon directeur d'acteurs... Et comme je le comprends ; un peu comme quand les acteurs se prennent pour des petits génies...
Le metteur en scène a TOUJOURS raison. Trapattoni a raison (ici en 1998), à l'époque au Bayern - un club de rêve à diriger!!! 14/11/2009 Terra Interruptus / Coït Incognita - II : Perpetuum Mobile (M. von H.)Impromptueries (2)
II : PERPETUUM MOBILE (Papillon sirène)
Et - Au pas du buffle - Sur une couche d'oiseaux-mouche A tes petites et grandes lèvres Je greffe Mes lèvres-bouche Papillon gigantesque Et - Alors seulement - Sur l'horizon enterré-vivant Je tresserai Le cuir salé ombilical De l'enfant mort-né Et - Enfin - La sirène gobera Immortels D'authentiques éléphantaux bicéphales. M. von H. - Novembre 2009. Terra Interruptus / Coït Incognita - I : Introït (M. Von H.)Impromptueries (1).
I : INTROÏT (Bue Submarine Schrapnel) Tandis que se branle Jules Vernes JE - d'un sous-marin bleu d'avec un poulpe jaune Je célèbre - JE - Les noces canaques Et - JE - A l'infini sur les mortes eaux - JE - Sous l'Arc-en-Ciel - JE - Dessiné de plomb de vers luisants et de sable canibale - JE - Schrapnel des jours je serai - JE - Le nouvel horizon. M. von H. - Novembre 2009 12/11/2009 "Querelle" de Fassbinder (1982) ressort sur grand écran!!!
Fan de Fassbinder et de Genet, on ne peut pas le rater car il ressort sur grand écran, et je ne l'ai pas encore vu... alors où en Belgique on va chercher. Mon "all time favorite" top 3 reste "Satan's Bratten" (Le roti de Satan), "Prenez garde à la Sainte-Putain (film sur le cinéma... la putain étant le cinéma), et "L'amour est plus froid que la mort" Un cinéma que l'on peut considérer comme "Baroque", au sens du jeu d'acteurs et de la construction c'est sûr! 11/11/2009 "Stabat Mater Furiosa", de Jean-Pierre SiméonPetite info culturelle théâtre! "Stabat Mater Furiosa" de Jean-Pierre Siméon, dans une mise en scène de Guillaume Dumont (dont la précédente mise en scène "Greek" a fait l'objet d'un billet).
De mon avis, un texte fort, ample. J'ai vu ce texte monté il y a quelques années, de manière sobre et sensible, au Théâtre Océan Nord, je me réjouis de voir cette autre mise en scène de ce texte. J'aime beaucoup le travail de la Cie Lune et l'Autre, et de Guillaume en particulier. Pour ceux qui ont aimés Greek, et ils sont nombreux, et ceux qui découvririont ce jeune metteur en scène un rendez-vous théâtre à ne pas manquer, à l'Espace Senghor, Etterbeek.
"Celle qui refuse de comprendre" vient (com)battre l'homme de guerre. D'un seul souffle, elle déverse sa colère avec sérénité, douceur et amour de la vie. Sa fureur est "sans geste, sans coup, sans cri". Sur le plateau, trois comédiennes et un piano à queue incarnent cette figure universelle de la femme qui oeuvre à donner la vie. Une femme debout qui fait résonner avec force mais sans violence chacun des mots d'une prière nécessaire. Cliquez pour agrandir!
STABAT MATER FURIOSA de Jean-Pierre Siméon http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Sim%C3%A9on Mis en scène par Guillaume Dumont Les 19, 20, 23, 24 et 25 novembre 2009 Espace Senghor - Chée de Wavre 366 1040 Bruxelles Réservations 02 230 31 40 - info@senghor.be ---
Cie Lune et l'Autre : http://luneetlautreasbl.jimdo.com/ 9/11/2009 A few words from : Artaud - La conquête du Mexique"Rendez-moi mes murs"
Phrase de l'interné*, in "La conquête du Mexique", Antonin Artaud
* : je dis bien "l'interné", pas le "fou", ni "le malade" - l'est-il, ne l'est-il pas..? Cela reste ouvert (mais moi je sais, j'ai mon opinion sur la chose...). 2/11/2009 Happy Ears, la promenade musicale : "Conspiracy" - les dissidences.Quand les charts ne sont pas là, les dissidences (sic). Oui oui! Comme pendant à la thématique précédente (State of independance), qui concernait les carrières solo de musiciens de grands groupes (ai oublié Pete Townsend des Who, malheur!), ai décidé cette semaine d'occuper l'espace musical aux "dissidences", c'est à dire aux groupes dans lesquels nos artistes (Bowie, Palmer - Robert et Carl, Meynard, Squire, Dylan, Orbison ou Knopfler et j'en passe) vont s'encanailler quand ils ne chantent pas seul ou quand ils veulent leurs groupes à eux...
Il y a matière, c'est sûr... et de toutes époques. 9 morceaux (mais 1 seule semaine!), allez hop, quelques surprises je crois! Et pas mal d'humour pour certains... et on terminera par un twist yeah...
Petite vidéo des Traveling Wilbury's - Wilbury Twist (enfin trouvé une version!!!) - amusez-vous à reconnaître, au delà de nos vedettes, les "guests" de cette vidéo... du beau monde! Si ça c'est pas de la dissidence (et même pour notre Wilburys Twist la d'ici danse ... euh désolé...).En écoute dans le dossier Skydrive "Happy Ears la promenade musicale" 27/10/2009 "Happy Ears", la promenade musicale - State of Independance / Day (II)Après une petite semaine consacrée au petit travail de réalisation "son" (autour de Karl Valentin), deuxième partie de la promenade musicale "State of Independance".
Thème central : "State of Independance", en 2 volets. Un volet plus "nocturne" (night) et, cette semaine, un volet "Day" . C'est à dire les carrières solos de musiciens de grands groupes.
Que font ces messieurs quand ils ne sont pas ou plus dans Yes, Genesis, les Beatles, Pink Floyd, ... la sélection est constituée, principalement, de morceaux chantés par nos solistes.
Volet "day", moins... sombre ; nous terminerons la sélection par un Jon Anderson puisque "State of Independance" est une référence à un de ses morceaux. Autre "doublé" le touchant Graham Nash. 8 morceaux cette fois donc (au lieu de 7!), car j'avais pas envie de liquider le Ringo Starr.
Pas mécontent de l'ensemble!
Hop, les jeux sont faits :
Voila, c'est terminé pour ce second et dernier volet de la promenade musicale "Happy Ears - State of Independance". En écoute et/ou téléchargement dans le dossier Skydrive "Happy Ears - La promenade musicale" . Comme d'hab' en somme... Bonne écoute, et je veux bien votre avis aussi... Volet "Night" (billet précédent) : http://ornythorinque.spaces.live.com/default.aspx?_c01_BlogPart=blogentry&_c=BlogPart&handle=cns!BA16D03B4346BC45!10460 21/10/2009 Led Purple ou Deep Zeppelin... Wock'n"Woll Heure...Rock'N'Roll : leçon n°1
C'est pas parce qu'on a un méga-look éféminé ( I love it and I need it
Qu'on chante comme des tapettes... (I dont know but I been told 19/10/2009 "La fin du monde" - Karl Valentin!Photo : "La fin du monde", de Karl Valentin De G à D : Guillaume, Nelly, Marie, Caroline, Rémi, Patichou (héhé) et Sophie C. - Mais où est Sophie B.? (ma copine So') Report du deuxième volet de la promenade musicale "Happy Ears", bekoz' suis retombé sur un truc (c'est le mot?) que j'ai réalisé à l'INSAS en 2005, dans le cadre de l'exercice "Karl Valentin" dirigé et mis en scène par Anne-Marie Loop.
Sur base du texte - à la base un monologue, "La fin du Monde", j'avais réalisé un travail son, un peu une lecture "radiophonique", en tentant de rendre par les voix, les ambiances sonores (écoutez la ponctuation!), la folie du texte de ce satyriste Munichois célèbre, dans les années 30 et 40, magnifique qu'est Karl Valentin. Monter Valentin aujourd'hui reste un plaisir... et un challenge. C'était mon deuxième Valentin sous la direction d'Anne-Marie Loop.
C'est sur le premier que nous étions devenus d'immenses amis avec Anaïs... m'enfin bon...
L'équipe de la photo est celle de la bande son!!! N'hésitez pas à pousser le son, c'est un poil bas. Bonne écoute!
Le lien sonore (durée : 6'45")
Texte : Karl Valentin / Mise en voix, découpage et direction d'acteurs : Patrick Leonard / Prise de son et mixage : Antoine Delagoutte /
Interprétation : Sophie Cocheteux, Sophie Boyens, Nelly Framinet, Caroline Logiou, Marie Hossenlopp, Guillaume Dumont, Rémi Pons.
Fond musical : "Beaubourg" (extrait) de Vangelis.
Il y a 2 versions, qui ont chacunes leurs qualités et défauts, mais la version présente (la "une") est plus précise, mais un peu moins folle...
PS : si qqn connaît un meilleur moyen pour intégrer la musique au billet, les idées sont bienvenues
La suite de la promenade musicale la semaine prochaine 14/10/2009 Nina Hagen live!!!P'tite info culturelle pour nos amis français, surtout s'ils sont proches de Marseille, la Diva punk Nina Hagen est en tournée...
Elle sera à Marseille le 17 octobre, après avoir manifestement donné un excellent concet à "La Cigale" de Paris.Info :
Et pas de trace(s) - je cherche, d'une date en Belgique ou à la frontière allemande, mais doit y avoir moyen de trouver. 12/10/2009 "Happy Ears", la promenade musicale - State of Independance / Night (I)Héhé, retour de la rubrique musicale hebdomadaire"Happy Ears"...
Thème central : "State of Independance", en 2 volets. Un volet plus "nocturne" (night) cette semaine, et un volet "Day" la semaine prochaine. Faut dire que le champ est vaste, c'est à dire les carrières solos de musiciens de grands groupes.
Que font ces messieurs quand ils ne sont pas ou plus dans Yes, Genesis, les Beatles, Pink Floyd, ... la sélection est constituée, principalement, de morceaux chantés par nos solistes.
Et bien, voici, et très sincèrement il y a quelques raretés, dont certaines je pense ne sont pas ressorties en CD - entendez le scratch des vynils...
La sélection, qui je le signale, est "en écoute" dans le dossier Skydrive "Happy Ears, la promenade musicale".
"State of independance" en référence au morceau de Jon & Vangelis de 1981 (album "The Friends of Mr.Cairo").
Voili voilou pour ce premier volet "night" de la sélection "State of independance". Un volet "Day" la semaine prochaine ; "Night and Day" étant une référence à ll'album de Joe Jackson (1982), autre perle... 10/10/2009 Soundcheck bien rigolo... par YES, en 2004Je les adore depuis 30 ans, ils chantent et font de la musique depuis 40 ans... Et ici, le soundcheck avant enregistrement DVD est drôle, ou en tout cas bien rafraîchissant. C'est en 2004, pour le "live acoustic", dont ils assureront une tournée.
Envie de le partager, il est évident que le morceau n'a rien à voir avec leur répertoire, c'est un délire musical et vocal (écoutez chanter Anderson).
De grands bonzommes lol : Jon Anderson, Steve Howe, Alan White, Rick Wakeman et l'éternel paresseux de la bande Chris Squire, à la basse. Peut-on dire que j'ai pour eux comme une grande tendresse?
Sont y pas mignons!? 35 ans de carrière (en 2004) et une telle fraîcheur c'est communicatif. Entre exil et "Lebensborn", ou scène du balcon (sic). Munich, 1945, in "Le tournant", Klaus MannKlaus Mann, de retour à Munich avec l'armée américaine, redécouvre sa ville natale bombardée, et la maison de son enfance plus revue depuis l'exil, en gros une dizaine d'années...
Maison de la famille Mann, restaurée, à Munich Klaus Mann dans l'armée américaine, vers 1942
Allez, hop. Une étrange rencontre, le dialogue de deux mondes. Entre déracinement et reproduction... "Lebensborn", littéralement : source de vie. La jeune fille a l'accent munichois. Redécouverte d'une ville délabrée, mais aussi rencontre avec le délabrement de la jeunesse allemande, sans parler le moins du monde de morale. Tout est à "reconstruire".
Munich, en 1945. "(...) Mais l'envie de rire me passa à la vue de cette ville détruite. J'avais bien imaginé que ce serait grave mais c'était bien plus grave encore. Munich n'existe plus. Tout le centre; de la gare jusqu'à la place de l'Odéon, n'est plus que ruines. C'est à peine si j'ai pu retrouver mon chemin jusqu'au jardin anglais (...) Etait-ce là rentrer chez soi? Tout m'était étranger, étranger, étranger... (...) Maintenant, nous tournons à gauche, dans la Föhringer Allee : perspective de tout temps familière, totalement étrangère! Ici, certaines choses semblent avoir pris de l'ampleur ; les arbres et les buissons sont à présent beaucoup plus luxuriants que de nos jours (...). Une allée sombre, redevenue sauvage! On était déjà devant la maison des Hallgarten - la maison de Ricki : elle est encore debout! Et la nôtre? Oui, la nôtre aussi est encore debout. Tout d'abord je la crus intacte. A première vue, cette chère vieille chose à encore fort bonne allure. Rien que du bluff!. La carcasse a tenu bon, mais elle n'est plus qu'un trompe-l'oeil et une forme creuse. J'escaladai, pour atteindre la porte d'entrée, des marches fracassées et me glissai par par un trou de suie. A travers cendres et gravats, je continuai à avancer à tâtons dans la maison. Tout m'était étranger, étranger, étranger - et pourtant non! Ici, cette fenêtre semblait de tout temps familère, et la cheminée avait toujours son ancienne forme. (...) Après avoir encore une moment exploré les pièces désertes du rez de chaussée, nous risquâmes une expédition dans la cave à demi obstruée et de là, nous ressortîmes enfin à l'air libre. Tewsburry (son camarade de camp ndlr)voulait à présent photographier de la rue le devant de la maison - cette façade en trompe-l'oeil, apparemment si solide. J'errai à travers le jardin (...). J'éprouvais un sentiment étrange et singulier, il me semblait être victime d'un enchantement. (...) La maison, vue du jardin, reprenait un aspect d'élégance et de force, avec sa terrasse bordée de lierre, ses volets verts. Rien que mensonge et faux semblant! Des coulisses trompeuses derrière lesquelles il n'y a rien, pas même un escalier par lequel on pourrait monter aux étages!. Au second, se trouve ma chambre, pourvue d'un balcon. Ce balcon aussi est resté en bon état. Je le scrutais du regard - non sans une certaine mélancolie. (...).Quel dommage qu'il n'y eût plus d'escalier!. C'est alors que je découvris la jeune fille inconnue. La jeune fille inconnue se tenait sur le balcon de ma chambre, immobile, tapie derrière la balustrade. Sans doute était-elle restée là tout le temps à observer ma promenade rêveuse. Je lui fis un signe de la main mas elle ne réagit pas, elle demeura complètement figée, comme si elle croyait encore n'avoir pas été découverte. Avait-elle peur de moi? Bien sûr, je portais l'uniforme ennemi... "Que faites-vous là-haut?" Pas de réponse. Comme je répètais ma question, elle haussa les épaules : "J'habite ici. Vous avez quelque chose contre?" Si j'avais quelque chose contre? Pas grand-chose. Pas vraiment. J'étais seulement surpris. Où habitait-elle? Dans mon ancienne chambre? Elle répondit par la négative : la chambre était "kaputt". "J'me suis installée sur le balcon. Tant qu'y n'pleut pas, c'est tout à fait agréable, ici". Mais comment y montait-elle? Il n'y avait plus d'escalier! "Faut savoir s'débrouiller!" me cria-t-elle, le visage toujours méfiant et renfrogné. Elle avait construit quelque chose, une sorte d'échelle, à l'arrière de la maison. "Pas très pratique, affirma-t-elle avec une certaine insistance, probablement pour me décourager de lui rendre visite. Mais pour moi, ça va. Parce que moi je suis alpiniste, vous savez, je fais de l'escalade". A présent, elle souriait même un peu, mais son visage reprit son air fâché et renfrogné quand je lui déclarai que je voulais arriver jusqu'à elle. (...) Enfin, nous fûmes face à face. "Ben, maintenant, vous voyez bien qu'y a rien ici à réquisitionner!". C'est ainsi qu'elle me salua, tout en me montrant d'un geste de mépris négligent le plafond dont les larges trous et les fissures laissaient passer la lumière du ciel d'après-midi. "Kaputt!" Elle répétait ce mot, pensant sans doute que je ne connaissais pas bien l'allemand. "Alles kaputt Nix gut! Understand?". Elle n'avait guère plus de 25 ou 26 ans, mais elle était, en quelque façon, déjà fanée, avec une peau blafarde et malpropre et un front las et buté sous la raie trop droite. Sans sourire, le visage hostile et fermé, elle m'accompagna à travers une suite de mansardes qu'on a construites dans notre grenier. Dans "ma" chambre aussi - étrangère, plus qu'étrangère : avec des vestiges macabres de ce qui avait été de tout temps familier. Dehors, sur le balcon, cela avait pourtant vraiment l'air presque "agréable". Le matelas, abondamment garni de coussins et de couvertures, semblait tout à fait confortable ; à côté, sur une table basse, il y avait même des fleurs et un livre ; il y avait aussi un réveil, une chaise et de la vaisselle. Je la félicitai de ces aménagements, mais exprimai la crainte qu'en cette saison, la nuit, à la belle étoile, on gelât tout de même encore un peu. La jeune fille, mise en confiance par mes éloges et mon intérêt, pris la défense de son balcon et du temps munichois. Pour un peu de froid! Une alpiniste était habituée à en voir bien d'autres! Et d'ailleurs, qui pouvait aujourd'hui se montrer difficile! Elle avait été bombardée à trois reprises. (...) Avec une précision objective et monotone, elle fit le compte de ses pertes : ses parents morts, son fiancé disparu en captivité, en Russie, un frère, mutilé de guerre - "les deux jambes, parties" ; l'autre tué - devant Stalingrad. Et maintenant sa belle-soeur!. "Et voila, on est toute seule, constatait la jeune fille sans se plaindre, plutôt d'un ton de défi. P'us d'parents et p'us d'fiancé! Pas d'argent et pas d'maison! Faut bien apprendre à s'remuer et faut bien qu'on ait un peu de chance. Prenez l'balcon, par exemple, c'est tout de même une vraie veine!". Je voulus savoir comment elle était tombée justement sur cette maison - "sur notre maison" faillis-je lui dire. "Des amis, m'expliqua-t-elle de façon assez vague. Un monsieur connu habitait ici, autrefois". Il est incorrect de dire "un monsieur connu" pour parler de quelqu'un que l'on connaît ; mais un soldat américain n'a pas à se lancer dans des explications sur la finesse de la grammaire allemande. Je me contentais de demander : "Pourriez-vous peut-être, par hasard, me dire à qui appartient cette maison?". "A mon grand regret je n'ai pas là-dessus d'informations très précises". Toutefois elle put m'apprendre que la villa était passée par bien des mains ; pour finir, cinq ou six familles - "Des gens très bien, vraiment" - s'étaient partagés les trois étages. "C'est pour ça qu'on a tout transformé, dit-elle d'un air entendu. A cause de la crise du logement. Avant la guerre il y avait de grandes pièces - vous auriez dû voir le cabinet de travail, au rez de chaussée! Carrément le luxe!". (...) Mais tout à fait à l'origine - ceci lui revint à l'esprit - le studio de luxe avait servi à un écrivain qui avait ensuite quitté le pays et qui devait, d'après la jeune fille, avoir péri misérablement depuis longtemps. "Probablement un non-aryen, supposat-elle en haussant les épaules. Ou même un juif cent pour cent. En tout cas, il ne s'entendait pas avec le gouvernement. "Cette maison appartient donc à un écrivain qui ne s'entendait pas avec le gouvernement?" Ma question directe ne lui plut pas ; elle l'éluda : "Si l'on veut. Si l'écrivain était un juif ou si y avait que'qu'chose qui clochait, ses biens ont étés confisqués, naturellement, et la maison avec". Après avoir réfléchi un instant, elle finit par conclure : "La maison appartient à l'état. Sans ça, y aurait pas eu de "Lebensborn" ici!". Pas de "Lebensborn"?" Voila qui était intéressant. Je demandai à la jeune fille de s'expliquer plus clairement. "Bah! Vous n'savez vraiment pas c'que ça veut dire?". Elle secoua la tête d'un air de désapprobation, mais m'exposa ensuite avec la plus grande patience ce qu'il en était du "Lebensborn" et de notre maison. "Des solides gaillards de la SS étaient logés ici, des gens très bien, vraiment : des vrais taureaux. Ben, c'est justement, comme taureaux, ou comme étalons, qu'on les utilisait, à cause d'la race, vous comprenez. Ces Lebensborn - y'en avait beaucoup, partout dans le pays - c'était dans l'intérêt d'la race, pour la sélection du sang nordique, pour les futures générations allemandes. Les filles, elles d'vaient naturellement aussi de race irréprochable, le crâne, le bassin : tout était mesuré au centimètre près. Quand ça allait, et que rien n'était trop long, ou trop court ou trop gros ou trop maigre, on les accouplait ici et elles pouvaient y rester jusqu'après leurs couches. Le Lebensborn n'était pas seulement un centre de reproduction, mais aussi un foyer pour les mères". Cette dernière phrase, comme d'ailleurs tout ce qui décrivait, quasi scientifiquement, les fonctions du Lebensborn, elle la prononça avec un accent très "Hochdeutsch" (la prononciation la plus correcte de l'allemand, par rapport aux divers dialectes des provinces, ndlr), comme une sorte de pieuse antienne, un verset du catéchisme. J'aurais bien voulu apprendre encore quelques petites choses, non seulement sur le Lebensborn en général, mais aussi sur les rapports particuliers qui avaient peut-être existé autrefois entre cette piquante institution et ma demoiselle du balcon, si remarquablement informée. Malheureusement, notre conversation fut interrompue juste au moment où elle allait devenir intéressante. Tewsburry, inquiet ou impatient, m'appela du jardin. J'expliquai à la jeune fille que je devais à présent, hélas, m'en aller au plus vite, ce qui sembla la décevoir et même la vexer un peu - "Je vous en prie!". Elle avait repris son air pincé. Mais elle eût un sourire presque touchant en ajoutant d'une voix plus douce : "Je vous aurais bien gardé encore, toute la nuit, éventuellement. C'est si agréable ici, presque comme à la maison..." 3/10/2009 Ortograve...Nouvele Ortografe je t'emmerde...
Pour une écriture élitaire pour tous, pas une écriture populiste pour personne... Interniouzes...Bientôt de retour... Nouvelle connexion - plus rapide, nouvel abonnement (signez là!!!) dés le 9 octobre l'est temps...
D'ici là, terminer mon nettoyage d'automne ben ouais... autant en profiter ; ceci dit je pensais être accro à Internet, je le suis de mon PC en fait...
Et pour les 6/7 et 8 octobre : Paris... l'âme moins légère mais pour du tourisme cette fois, m'en vais écoper le Louvre. Yeah!
Voili voilou. |
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